mais c qui cet enfant gaté

certains me décrivent comme "branleur", d'autres comme "sensible derrière la carapace". En tous cas, ici, s'exprimera un petit bout de moi: celui des souffrances, des fantasmes et des envies

lundi 12 avril 2010

Papa

Comme indiqué dans un billet précédent, de temps en temps, l'envie, que j'essaie d'enfouir pourtant, d'un enfant revient à la surface.
Cette envie d'être papa n'est pas hormonale ou lié au printemps comme me le suggérait malicieusement Charl'. C'est une envie qui existe depuis longtemps, qui a évolué, bien sûr. Pendant longtemps, cela me semblait juste naturel, inséparable d'un développement, d'un épanouissement. Je ne m'imaginais pas avoir 25 ans sans enfant... Et puis la vie en a décidé autrement, m'apportant d'autres joies, d'autres épanouissements d'autres découvertes.
Le temps passant, ma relation au couple, aux paternités possibles s'est compliquée, chaque jour plus tortueuse, toujours plus chargée de souvenirs douloureux et d'épreuves traversées. Alors, un jour, j'ai décidé que c'était fini, que je ne serais jamais papa. Et j'ai fait une croix sur ce don, sur ce que j'imagine être un amour absolu. J'ai fait une croix sur l'idée de donner la vie et d'avoir cette marmaille dont j'avais rêvée, sur le rêve de tenir un bébé dans mes bras. Surtout, j'ai fait une croix sur ce geste d'amour absolu (envers sa partenaire, envers ce nouvel être) que me semblait être le fait de donner la vie.


Et puis ces jours ci, un jour de moins bien, un jour où j'étais plus très à l'aise, un peu perdu, j'ai soudain eu envie d'un petit "enfant gâté" miniature. Il ne s'agit plus d'envie d'amour à donner mais plutôt d'envie de voir évoluer un être qui me ressemble et que je serais enfin capable de comprendre , à défaut de me comprendre moi même. UN être qui m'apprendrait qui je suis, en qqe sorte...
Bien sûr, sans doute cela est il tout à fait utopique, car un être, par définition, vit sa vie, unique avec son histoire et je sais bien qu'il en serait aps question pour moi non plus d'en faire un clone ni même ce que je n'ai pas su être.
Bien sûr, surtout, cette conception de la paternité est à des lieux de ce que j'ai appris, de ce que j'ai moi même proclamé pendant des années. C'est du pur égoïsme alors que donner la vie me semble être le don absolu, un immense cadeau...

Reste qu'à l'aube de mes 40 ans voilà où j'en suis...









(ps: Charl a peut être raison qd elle parle, ici, des affirmations masculines au sujet de la paternité)

6 commentaires:

Sophie a dit…

Je crois que faire le choix d'avoir un enfant, c'est à la fois du don et du pur égoïsme. Ca me fait penser à qqch qu'on explique souvent aux parents qui veulent adopter : l'enfant comprend mieux si on lui dit qu'on lui a donné une nouvelle famille parce qu'on avait très envie d'avoir un enfant plutôt que par altruisme.

Charl' a dit…

il faut le vouloir… mais il faut aussi (et surtout) l'élever.


(et bien je vois qu'on se prend la tête tout autant) (mais joli le parallélisme) ;)

anouchka a dit…

si tout ce fait dans l'ordre des chose, vouloir un enfant c'est vouloir construire une histoire avec quelqu'un de façon plus profonde. C'est laisser une trace de soit pour que perdure la vie.
Un bébé dans les mains c'est la vie que tu tiens, et la voir grandir n'est pas de tout repos, mais nous n'en retenons que l'essentiel, qui n'est que du bonheur.
Tu as envi de construire quelque chose de durable, alors pose ta valise et construit.

L.Effrontée a dit…

A l'aube de vos 40 ans, tout est possible et réalisable. Vos envies se confirment, il vous reste à trouver celle avec qui vous construirez ce nouvel horizon.

Il ne faut jamais dire "Fontaine, je ne boirai pas de ton eau..."... Vous, moi...la Vie finalement nous rattrape toujours ;)

Voici un beau projet, prenez le temps de le réaliser !

caliste a dit…

Je trouve que le désir de paternité est très difficile à cerner. J'ai déjà écrit un jour que j'avais procrée à deux reprises sans réels désirs. Au point que je me demandais et que je me suis longtemps demandé si ce désir existait réellement (je ne peux pas me satisfaire de pétition de principe, aussi touchante soit-elle, du type J'AI ENVIE D'ENFANTS).
Et au fil du temps, j'ai vu ma position évoluer.
Je crois pouvoir dire que j'ai un attachement instinctif et viscéral à mes enfants. Que je les vois comme une prolongement. Que je suis heureux de leur avoir fait ce don. Mais est-ce suffisant pour pouvoir proclamer que je les ai désiré et que ma vie aurait été foutue sans eux ?
Tu poses la question par le bon bout. Il est horriblement banal. La première question à se poser est de savoir non pas si on veut faire des enfants mais à qui on veut en faire.

Roc. a dit…

Etre père, donner la vie; serait-ce une façon de devenir pleinement homme ? Oui et non puisqu'il y a différentes formes de fécondité. Toujours est-il que mon âge avançant et la vie ne m'ayant pas fait ce cadeau de le rencontre amoureuse, je comprends de l'intérieur ce désir d'être papa, de tenir son enfant - son pour dire celui de sa chair et non sa propriété- je ressens ce manque.
Roc.